La bombarde
La bombarde est un instrument ancien, de conception relativement simple qui n’a connu que peu d’évolutions avant la naissance des Bagadoù. Elle fait partie de la grande famille des hautbois, dont on trouve des éléments typiques dans de nombreuses cultures populaires en Europe, au nord de l’Afrique et en Asie. Elle fonctionne avec une anche double dans laquelle le musicien souffle directement, et sur laquelle il peut agir pour en contrôler le timbre et la puissance. Pour les besoins de la musique de Bagad elle est maintenant souvent équipée de différents systèmes de clés permettant au “talabarder” (sonneur de bombarde) de jouer dans différentes tonalités et différents modes.

Les instruments dits « anciens » (d’avant la Deuxième Guerre mondiale) pouvaient être en Do, en Sol, en La… Le développement des bagadoù a généralisé l’usage du Si bémol pour s’accorder avec les cornemuses écossaises. Les besoins des arrangements musicaux actuels ont amené les luthiers spécialisés à fabriquer de nouveaux instruments, plus graves, communément appelés « Lombardes », en fa, en mi-bémol ou encore en Si bémol grave.

La bombarde est peut-être un des instruments les plus simples et les plus rapides à aborder étant donné la simplicité relative de son doigté. L’étude s’en fait sur une flûte de type « irlandais » peu éprouvante et peu sonore… Toutefois le jeune talabarder devra apprendre bien davantage : maîtriser la pince de l’anche, l’effort physique et les techniques de souffle, l’expression, les différents styles, etc…, autant d’éléments qui en font une technique élaborée !


Les élèves les plus rapides sont capables dès la fin de la deuxième année d’étude de jouer dans un pupitre de 5e catégorie.

La cornemuse
On peut trouver des cornemuses partout en Europe et bien au-delà … Elles remontent peut-être à l’Egypte ancienne. Le pupitre d’un bagad est composé de cornemuses écossaises, dites « grandes cornemuses », qui possèdent trois bourdons. Il est cependant de plus en plus fréquent que les bagadoù intègrent dans leurs prestations la cornemuse bretonne dite binioù kozh ou binioù bihan en breton.

Si les musiciens bretons se sont équipés d’instruments de type écossais au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est parce qu’ils produisaient un son moins agressif que le binioù bihan, étant accordés 1 octave plus bas, et de ce fait rendaient l’usage en ensemble plus aisé. De plus ils bénéficiaient déjà des procédés de fabrication en série, nécessaires pour l’accord des ensembles. Le binioù bihan était fabriqué isolément pour s’accorder avec telle ou telle bombarde. Son rôle musical n’était pas aussi développé que celui que l’on connaît actuellement. Il se contentait souvent de soutenir la bombarde rythmiquement et de la relayer brièvement.


L’apprentissage de la cornemuse écossaise se fait sur un instrument d’étude « practice chanter » et prend plus de temps que pour la bombarde. Le doigté est plus complexe. Le débit de l’air provenant de la poche étant constant et ininterrompu, le jeu sur la cornemuse est tributaire du seul travail des doigts des musiciens. La façon de détacher les notes consiste en mouvements de doigts très rapides qui nécessitent une étude attentive. Il faut ensuite apprendre ? gérer le souffle et la pression du bras sur la poche pour obtenir ce son régulier.

L’ensemble de batterie
L’ensemble de batterie est composé de caisses claires, tambours ténors, basse et autres percussions, sur le modèle des batteries-fanfares, pipe-bands et autres formations déambulatoires.

La caisse claire doit son nom aux timbres en métal placés sous chaque peau faite aujourd’hui de matière synthétique. Le ton du tambour, si “clair” dans la musique de bagad, est tributaire des différents réglages de tension des peaux et des timbres, mais aussi de la frappe du batteur (tabouliner en breton) dont le jeu est une succession de rudiments techniques : coups simples ou doubles, flas, roulements, plus ou moins accentués.


Dans les premiers temps les batteries de bagad se contentaient de plaquer le rythme de l’air interprété par les bombardes et cornemuses, mais très vite les batteurs se sont alimentés du travail fait par les Pipe-Bands, qui eux même ont beaucoup appris des ensembles suisses. Une partition de batterie d’aujourd’hui n’est plus un simple soutient rythmique pour les autres musiciens, mais un réel accompagnement qui sera différent pour chaque thème.

Compléments des caisses claires, les ténors et la basse (grosse caisse) ont un rôle de soutien rythmique et de renfort sonore apportant des sons graves. L’ensemble de percussions des bagadoù est devenu très complexe et intègre aujourd’hui toutes sortes d’instruments issus des autres formes de tradition, du monde du rock & roll, des formations classiques…

L’étude du rythme est la base de tout enseignement musical et son apprentissage en est possible dès le plus jeune âge. Comme tous les instruments du bagad, la batterie s’apprend sur des instruments d’étude. Néanmoins, les élèves peuvent être mis très rapidement au contact des vrais percussions qui procurent des sensations de touché différentes. Dès la fin de la deuxième année d’étude il leur est possible de jouer au sein d’un pupitre de 5e catégorie.